Science & sécurité

Les biotechnologies agricoles permettent d'introduire des gènes dans une plante à partir d'un large éventail de sources vivantes et / ou de modifier finement  les gènes existants d'une plante afin d'améliorer ou développer des caractéristiques spécifiques. Ce processus permet aux agriculteurs de produire plus efficacement les aliments, les fibres et le carburant nécessaires aux consommateurs. Il peut rendre les cultures plus résistantes aux maladies, plus simples à désherber, tolérantes à la sécheresse ou plus nutritives. Les méthodes récentes ont l'intérêt d'être plus ciblées et plus rapides, en ciblant des gènes précis et en évitant ainsi de nombreux rétro-croisements  Les  biotechnologies agricoles font partie d'une large boîte de solutions qui permettront de relever de nombreux défis environnementaux et sociétaux.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et la Commission européenne, ainsi que d'autres académies scientifiques et régulatrices du monde entier, dont le Conseil consultatif des académies scientifiques européennes (EASAC), confirment que les cultures génétiquement modifiées autorisées sont aussi sûres que leurs homologues conventionnelles. Depuis la première commercialisation de plantes OGM il y a 18 ans, aucune preuve d'effets nocifs liés à la consommation de culture OGM autorisée n'a été mise en évidence.

ARCHIVES FACTSHEETS/INFOGRAPHICS

Proposition de la commission européenne sur la transparence et la durabilité de l'évaluation des risques

"Afin de renforcer la confiance dans la sécurité alimentaire, encourageons la Science" : tel est le message d'Europabio. Alors que les délais d'autorisation ne cessent d'augmenter ainsi que les demandes d'études aux pétitionnaires, le grand public semble de moins en moins confiant en son agence européenne de la sécurité sanitaire l'EFSA. [...]

REPORTS

Les abeilles sont-elles affectées par les cultures OGM ?

Même si les autorités sanitaires ont testé l’impact des plantes OGM sur les insectes et animaux non cibles avant leur mise sur le marché, certains apiculteurs -souvent européens- restent opposés aux cultures de plantes Bt, résistantes aux pyrales et sésamies, insectes ravageurs de beaucoup de grandes cultures et de légumes. Ils les accusent de tuer les abeilles ou de provoquer des effondrements des colonies, symptôme récurrent et anormal constaté depuis 1998. Est-ce justifié ? [...]

REPORTS

L'amélioration des plantes : un savoir faire millénaire

Pour comprendre les métiers et les outils des sélectionneurs, découvrez la brochure de l'Union des semenciers français

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Les OGMs sont-ils nocifs ? (non)

Les infos scientifiques que l'on voit dans les médias sont souvent de mauvaise qualité. Mais pourquoi ?

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Les OGM sont ils bons ou mauvais?

OTHER

Le fantasme des OGM est basé sur l’ignorance

Entretien à bâton rompu avec Didier Trono, le directeur du laboratoire de virologie et de génétique à l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne). Les thèmes de recherche de son laboratoire portent exclusivement sur la cellule humaine et l’action des transposons, ces petites séquences d’ADN très nombreuses (5 millions) et mobiles, qui régulent le génome et orchestrent notre activité cellulaire via des protéines très spécifiques (400 environ). Les recherches portent principalement sur les cancers et les troubles neuro-développementaux, avec la production de biomarqueurs et la recherche de nouvelles cibles en immunothérapie. En quoi CRISPR CAS est-il un outil révolutionnaire ? C’est une méthode beaucoup plus simple, plus facile et plus efficace. Nous réalisons en quelques semaines des manipulations qui prenaient un an auparavant. C’est un outil plus fiable et beaucoup moins cher ce qui explique son succès dans les laboratoires du monde entier. Cela nous exonère par exemple des tests sur souris transgénique. En fait, Crispr est arrivé au bon moment. D’énormes progrès ont été réalisés en matériel de séquençage ce qui en a réduit le coût. Avec la maitrise des outils de big data, il est désormais possible de connaître mais aussi de comprendre, de comparer et de modifier les génomes rapidement. Cela a réveillé des champs de recherche qui exigent et génèrent beaucoup de données. Un des reproches faits à cette technologie est la possibilité de créer des coupures aléatoires ailleurs dans le génome. C’est effectivement un problème si cela touche un gène dominant : dans le cas de l’homme une cellule cancéreuse ou chez les plantes un gène dominant non souhaité révélé sous la pression environnementale. En fait, c’est une question technique mais surtout statistique. Il n’est pas possible de garantir le risque zéro, mais on peut évaluer statistiquement le risque. Dès lors, on peut évaluer, à moyen terme, l’intérêt et le gain de la transformation qui justifie qu’on autorise une prise de risque, même minimale.  En quoi diffèrent vos recherches de celles réalisées dans le domaine végétal ? que pensez-vous du débat autour des OGM et autres méthodes d’amélioration des plantes ? La grande différence est que nous travaillons sur des cellules différenciées dites somatiques, alors que chez les plantes, la transformation se fait sur des cellules totipotentes germinales. D’où le problème de dissémination et de transmission aux générations futures. Toutes les modifications n’ont donc pas le même impact. En médecine, nous utilisons Crispr Cas pour réparer un génome.  En agriculture, il faudrait expliquer réellement ce qui se passe « naturellement » chez les plantes ou pendant les phases de domestication : investiguer davantage sur les interactions plantes/virus tout au long de la coévolution, comprendre ce qui se passe dans le cas des boutures, faire une analyse pragmatique des transferts naturels des gènes pour dédramatiser le dialogue sur les transformations génétiques.  Cela ne veut pas dire que cela banalise les méthodes ou les outils mais cela remettrait les pendules à l’heure. Cela autoriserait une discussion « intelligente » sans les fantasmes à la Frankenstein. Si on admet que dans les méthodes d’amélioration utilisées jusqu’à présent, il y a une grande part de hasard et une part de risque, la question porte alors sur une comparaison avec des méthodes récentes, comme Crispr qui permettent des améliorations plus ciblées et avec, à priori, moins de risque. Pourquoi une bouture qui était « sympa » du temps de mon grand-père ne l’est plus avec les outils modernes ? Il faut revenir aux fondamentaux en génétique et regarder ce qui s’est passé, c’est-à-dire observer les flux génétiques qu’a engendré la domestication mais aussi le hasard, les facteurs abiotiques et les écosystèmes. Car le fantasme du futur est basé sur l’ignorance du présent. On voit souvent une nouveauté extraordinaire mais inquiétante à quelque chose qui existe en fait déjà. C’est le cas des outils de génomique qui ne sont qu’un raffinement de mécanismes cellulaires.   Cette démarche devrait permettre d’évaluer les nouveaux outils pour ce qu’ils apportent et pas seulement pour les risques éventuels qu’ils induiraient.  

REPORTS

Les OGM ne présentent pas de risques pour la santé ou l’environnement

Telle est la conclusion du rapport de l’Académie américaine des Sciences, la NAS, après l’étude de près de 1000 publications par 50 scientifiques.  Les scientifiques n’ont pas identifié de différences entre les OGM et les cultures conventionnelles concernant les risques sanitaires et environnementaux pour les plantes et les traits existants, même si les experts ont admis la difficulté à détecter des effets subtils ou à long terme. Les chercheurs n’ont pas identifié de perte spécifique de biodiversité et les effets sociétaux et économiques des cultures OGM sont souvent positifs.  Pour la NAS, les nouveaux outils de génie génétique et la meilleure connaissance de l’expression de l’ARN et des protéines devraient permettre de mieux identifier des différences si elles existent, notamment dans les traits les plus complexes comme la tolérance à la sécheresse, la meilleure utilisation de l’azote ou une plus grande efficience de la photosynthèse.  De plus, pour la NAS, le développement d’outils de retouche génétique comme le CRISPR CAS bouleverse l’ingénierie génomique car ils peuvent être utilisés à des fins différentes. Ces nouveaux outils exigent que les instantes réglementaires repensent leurs modes d’évaluation, en tenant davantage compte des transformations effectuées que les outils utilisés.   

OTHER

Est-ce que les OGM ou les nouveaux outils de sélection réduisent la diversité génétique ?

Entretien avec André Gallais, Professeur émérite d'AgroParisTech, membre de l'Académie d'agriculture de France et auteur de nombreux ouvrages scientifiques. Il a été responsable de programmes de génétique et d'amélioration du maïs de 1982 à 2005. [...]